Un Pakistanais tue ses deux soeurs pour défendre "l`honneur" familial

  03 Mars 2016    Lu: 1232
Un Pakistanais tue ses deux soeurs pour défendre "l`honneur" familial
La police pakistanaise a annoncé mercredi être à la recherche d`un homme soupçonné d`avoir tué ses deux soeurs sous prétexte de défendre "l`honneur" familial, quelques jours après la victoire aux Oscars d`un documentaire pakistanais dénonçant cette pratique.
Mohammad Asif, agé d`une vingtaine d`années, "avait tué sa mère il y a environ quatre ou cinq ans, et avait été libéré car sa famille lui avait pardonné," a précisé à l`AFP un officier de police, Allah Ditta Bhatti.

Les deux soeurs ont été tuées à Noorshah, dans le district de Sahiwal, dans la province du Pendjab, au centre du Pakistan. "Mohammad Asif, âgé d`une vingtaine d`années, a tiré sur ses deux soeurs et les a tuées hier soir car il avait des doutes sur leur moralité et désapprouvait leur mode de vie", a ajouté cet officier de la police locale. Les deux jeunes filles sont mortes sur le coup et le frère s`est enfui, a-t-il précisé.

Des centaines de femmes sont tuées par leurs proches chaque année au Pakistan, pays conservateur de 200 millions d`habitants, sous le prétexte de défendre "l`honneur familial". Le Pakistan a révisé son code pénal en 2005 pour empêcher que les hommes tuant une femme de leur famille au nom de l`honneur n`échappent au châtiment en s`accordant à eux-mêmes le pardon, en tant qu`"héritier" de la victime. Mais la loi laisse au juge la possibilité de ne pas imposer de peine de prison lorsque d`autres proches de la victime accordent leur pardon au meurtrier -- une disposition controversée qui laisse impunis nombre de meurtres.

"A Girl in the River : The Price of Forgiveness" (Une fille dans la rivière : le prix du pardon), qui retrace l`histoire d`une jeune fille ayant survécu à un crime de ce type, a reçu l`Oscar du meilleur documentaire court lors de la cérémonie à Hollywood dimanche. Sa réalisatrice Sharmeen Obaid-Chinoy avait rencontré récemment le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, qui s`était alors engagé à mettre un terme à cette pratique "dégradante" et "méprisable".

Tags:


Fil d'info