L`ONU craint un "exode" d`Irakiens vers les pays voisins
"Le déclic" avant un mouvement important de population, "c`est lorsque il n`y a plus d`aide humanitaire de base", a déclaré mercredi aux médias à Genève le directeur des opérations du bureau de coordination des Affaires humanitaires de l`ONU (Ocha), John Ging, de retour d`Irak.
"Lors de la crise syrienne, nous avons vu cela durant les mois précédant le très grand exode. Les autorités à Bagdad et aussi à Erbil ont insisté à me dire qu`il y avait urgence à fournir une aide humanitaire vitale car autrement nous serions confrontés à un exode encore plus important", a-t-il averti.
Il a appelé à "tirer les leçons de la crise syrienne pour qu`il n`y ait pas une répétition des mouvements de population" comme en Syrie.
Il a relevé que les Irakiens représentaient déjà 16% des migrants (derrière les Syriens et les Afghans) qui arrivent actuellement en Europe.
De retour d`Irak où il a notamment rencontré des représentants du gouvernement et de l`Irak du nord, M. Ging a expliqué que "tout le monde avait insisté à dire qu`il y a un réel et énorme risque" pour que ce pourcentage "augmente très rapidement".
Dix millions de personnes ont actuellement besoin d`aide humanitaire en Irak, selon les Nations unies qui ne viennent en aide qu`à une partie de cette population. En 2016, l`ONU a reçu seulement 15% des 861 millions de dollars (770 millions d`euros) demandés pour assister 7,3 millions d`Irakiens.
"En ce moment, ils ont un réel et important besoin d`aide humanitaire, c`est une question de survie", a affirmé M. Ging.
"Je n`accepte pas d`entendre dire qu`il n`y a pas d`argent disponible", a-t-il soutenu, soulignant que les montants demandés pour l`aide humanitaire étaient inférieurs à ceux des opérations militaires menées par les pays qui interviennent en Irak.






