Terrorisme et Ebola: la Guinée en alerte maximum face à la double menace

  04 Avril 2016    Lu: 754
Terrorisme et Ebola: la Guinée en alerte maximum face à la double menace
Depuis l’attaque terroriste perpétrée sur la plage de Grand-Bassam, le 13 mars, à l’est d’Abidjan, faisant 17 morts, la Guinée, est en alerte maximum, surtout qu`avec la résurgence du virus Ebola ces dernières semaines, la menace est devenue double, selon des propos recueillis par Anadolu.
A l`entrée de l’hôtel Palm Camayenne (premier hôtel 5 étoiles en Guinée), situé dans la commune de Dixinnun à Conakry, le dispositif de sécurité a été largement renforcé, a constaté un correspondant de Anadolu.

Une dizaine de policiers et gendarmes multiplient les contrôles. Clients et simples visiteurs sont systématiquement fouillés avant de pouvoir accéder à l`hôtel. Un vigile muni d`un détecteur de métal se charge pour sa part de contrôler chaque véhicule. Coffres et sacs sont fouillés de fond en comble.

"A tour de rôle, nous veillons 24 heures sur 24 à la sécurité de l`hôtel. Avec la menace terroriste qui pèse sur la plupart des pays, nous devons faire preuve d`une grande vigilance", confie un des agents de la sécurité rencontré par Anadolu.

Même constat pour les autres hôtels de la ville, à l`image de "Millenium", toujours dans la commune de Dixinnun, où le même dispositif de sécurité est mis en place. Au portail principal, à un pas de la cour, une cabine abritant trois agents de la gendarmerie est visible. Une fois qu’un client ou visiteur arrive sur place, il est aussitôt accueilli par deux vigiles qui le fouillent minutieusement.

"Les menaces terroristes sont réelles. Les dispositions sont prises de notre côté. Au sein des escadrons mobiles, il y a aussi les pelletons d’interventions qui pourront intervenir à tout moment en cas d’attaque. Au niveau de toutes les places publiques, les hôtels et d’autres lieux qui brassent des touristes, les dispositifs de sécurités ont été renforcés’’, indique le commandant Mamadou Alpha Barry, porte-parole de la gendarmerie guinéenne rencontré par Anadolu.

Depuis les attentats de Bamako (20 novembre), suivi des attentats de Ouagadougou (15 janvier) et de Grand Bassam (13 mars) qui ont fait plusieurs dizaines de morts au total, la Guinée prend donc très au sérieux la menace terroriste qui plane sur elle.

Le pays figure d`ailleurs sur une liste "rouge", aux côtés le Burkina Faso, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, établie par les Etats-Unis qui conseillent à ses citoyens de limiter leur déplacement en direction de ces pays susceptibles d’être la cible de terroristes, d`après des ressortissants américains interrogés par Anadolu.

Mais outre la menace terroriste, les forces sécuritaires guinéennes ont une seconde mission : veiller à ce que l`épidémie Ebola ne se propage pas dans le pays.

L` épidémie à virus Ebola, qui avait sévi notamment en 2014 et 2015 dans le pays, en faisant, au total, 2386 morts, selon l`Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avant qu`elle ne soit déclarée éradiquée à la fin de l`année dernière, a en effet refait surface début du mois de mars, faisant jusqu`à aujourd`hui sept morts, d`après la Coordination nationale de lutte contre Ebola.

Ainsi, toujours à l`entrée des hôtels, les vigiles examinent la température des clients tandis que le lavage des mains est obligatoire. Toutefois les autorités sanitaires se veulent rassurantes. "Les mesures prises en Guinée permettent de gérer la maladie en un temps record. La Guinée est suffisamment armée pour terrasser la maladie d`ici mi-avril. Il suffit de suivre les mesures sanitaires’’, a assuré à Anadolu, le coordinateur national de la lutte contre Ebola, Sakoba Keita.

Autant de contrôles qui loin d`exaspérer la population, la réjouissent. "On se sent davantage en sécurité quand on voit la manière dont nos forces font leur travail et on s`y plie sans se plaindre car des vies en dépendent!", lance Oumar, un client d`un hôtel guinéen.

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