Le président afghan conjure le Pakistan de lutter contre les talibans

  25 Avril 2016    Lu: 652
Le président afghan conjure le Pakistan de lutter contre les talibans
Le président afghan Ashraf Ghani a conjuré lundi le Pakistan de combattre les talibans au lieu d`essayer de les amener à négocier, six jours après un sanglant attentat à Kaboul.
Le président afghan Ashraf Ghani a conjuré lundi le Pakistan de combattre les talibans au lieu d`essayer de les amener à négocier, six jours après un sanglant attentat à Kaboul.

«Je veux dire clairement que nous n`attendons plus du Pakistan qu`il amène les talibans à la table des négociations», a lancé M. Ghani dans une allocution devant le Parlement.

«Mais nous attendons (des autorités pakistanaises) qu`elles lancent une opération militaire contre leurs sanctuaires et chefs de file basés sur leur territoire. Si elles ne peuvent pas les attaquer, elles devraient les remettre à notre justice», a-t-il insisté.

«Il n`y a pas de bons et de mauvais terroristes (...) Le Pakistan devrait agir face à eux en gouvernement responsable», a ajouté le président.

L’Afghanistan accuse depuis des années son voisin pakistanais de soutenir le mouvement taliban afghan. Islamabad a récemment admis, après l`avoir longtemps nié, que des dirigeants insurgés avaient trouvé refuge sur son territoire.

«Ghani est clairement en train de perdre patience avec le Pakistan», a indiqué à l`AFP l`analyste Mia Gul Waseeq. «Son appel du pied, risqué et diplomatiquement ambitieux, au Pakistan n`a pas donné de résultats», souligne-t-il.

Les talibans ont revendiqué la semaine dernière un attentat contre un bâtiment officiel à Kaboul qui a fait au moins 64 morts. Ils avaient donné quelques jours plus tôt le coup d`envoi de leur «offensive de printemps» en tentant un assaut sur Kunduz, une grande ville du Nord.

Les négociations de paix, que Kaboul a tenté ces derniers mois de relancer avec l`appui de la Chine et des Etats-Unis, semblent au point mort, les insurgés posant le départ des troupes étrangères comme pré-condition à toute reprise du dialogue.

«Le temps de l`amnistie est passé», a poursuivi le président afghan, promettant une réponse militaire musclée et l`application de peines sévères envers les insurgés condamnés, y compris la peine de mort.

«Pour les talibans qui sont prêts à renoncer à la violence, nous avons laissé la porte ouverte pour des pourparlers. Mais elle ne le restera pas éternellement», a-t-il souligné.
Un porte-parole des Talibans, Zabihullah Mujahid, a balayé ces remarques, ajoutant que le mouvement allait poursuivre le jihad contre le gouvernement afghan.

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