Les combattants de Daesh se font porter pâles pour éviter d’aller au front
« On assiste à une augmentation du nombre de désertions, à une baisse de moral. On voit qu’ils ne peuvent plus payer. On les voit essayer de quitter Daesh », assure le général américain Peter Gersten. Selon lui, le nombre de combattants étrangers affluant pour soutenir Daesh aurait d’ailleurs chuté de « 1.500 à 2.000 » chaque mois il y a un an, à « environ 200 » aujourd’hui.
Mise en garde aux médecins
Conséquence de ce coup porté au moral des djihadistes, ceux-ci auraient même recours à de faux certificats médicaux pour éviter d’aller combattre, d’après un rapport publié vendredi dernier dans la revue Sentinel du Centre de combat du terrorisme (CTC) américain, qui affirme que l’organisation djihadiste peine à trouver des « combattants valables ». Daesh aurait ainsi, dès le mois d’octobre dernier, déclaré une amnistie pour les déserteurs, dans l’espoir d’étoffer ses troupes.
Le phénomène des « mots du médecin » aurait pris des proportions telles qu’il aurait fait l’objet de mises en gardes spécifiques des responsables djihadistes : « Aux frères médecins […] nous rappelons qu’une attestation médicale est l’équivalent d’un témoignage et que tout médecin qui écrira de faux documents devra rendre des comptes », peut-on lire sur une note datant d’août 2015 citée par l’auteur du rapport, le chercheur Aymenn Jawad Al-Tamimi.
Le chercheur au Middle East Forum ne pense cependant pas que ces aléas puissent provoquer l’effondrement de Daesh à court terme. « Les populations sous contrôle de l’Etat islamique sont habituées à des standards de vie très bas, encore empirés par des années de guerre civile, écrit-il. Elles vont certainement continuer à subir de nouvelles dégradations de ces conditions de vie plutôt que de se soulever et de risquer une répression brutale ».






