Les circonstances dans lesquelles s`est produit le crash restent entourées du plus grand incertitude alors qu`aucun groupe n`a revendiqué l`incident. N`empêche qu`un tel incident, s`il est provoqué par une bombe, est propre à secouer l`industrie de l`aviation civile. Cette industrie n`est toutefois pas la seule à subir les contre-coups du crash. Déçue par les résultats de la récente conférence à Vienne des 22 pays candidats à aider la Syrie pour sortir de la crise, l`Arabie saoudite a évoqué par la voix de son ministre des AE, Adel al Jubeir, "un plan B ".
"Assad se trouve devant un double choix : ou bien il va s`écarter du pouvoir par les voies politiques ou bien il va en être expulsé par les voies militaires", a dit Jubeir.
Sur fond de ces menaces, le chef de la délégation anti Assad Al-Zobi n`a pas hésité à décrire " une grande coalition dans le nord de la Syrie qui visent à rallier tous les groupes armés et qui a pour mission celle d`attaquer les positions des pro Assad dans le nord aussi bien que dans le sud."
La Russie continue à soutenir le président syrien pas pour ce qui est mais plutôt pour le ralliement qu`il a permis autour de la lutte contre le terrorisme. Il y a quelques jours, Lavrov disait :" ce n`est pas la personne d`Assad que nous soutenons. C`est la lutte contre le terrorisme qui est notre cheval de bataille et dans les circonstances actuelles, il n`existe aucune autre force, sauf l`armée arabe syrienne pour le combattre."
Après le crash de l`Egyptair, on ne s`étonnera plus d`entendre Lavrov dire : ne vous avais-je pas averti quant aux risques à venir? Ne vous avais-je pas fixé les vraies priorités? Et on sait pertinemment que c`est au triangle Riyad/Ankara/ Doha que s`adressa cette remarque.
Aux yeux de nombreux alliés des Al-e Saoud, dont l`Egypte d`Al Sissi largement soudoyés par Riyad, ce dernier a commis une grave erreur en évoquant le plan B à un moment pareil. Car ce plan B qui consiste à doter les opposants anti-Assad en missiles anti aériens et en missiles anti chars, risque, désormais et à la lumière de l`incident aérien récent, de provoquer l`ire des Russes. La colère pourrait pousser la Russie à armer l`armée syrienne de batteries de missiles S300 qui pourraient passer à l`acte contre les avions turcs, saoudiens et américains. En outre, la Russie pourrait trouver le prétexte à reprendre ses frappes contre les groupes armés, suspendus depuis trois mois, ce qui reviendrait à impliquer Moscou plus profondément dans la crise.
L`Arabie saoudite s`est empêtrée dans des dossiers trop alambiqués qui la paralysent presque au Yémen, la défient royalement sur ses propres frontières cibles d`infiltrations terroristes, et l`exposent aux poursuites judiciaires dangereuses pour son rôle présumé dans les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.
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