Mais aussi généreuse soit-elle, l`idée qu`on puisse recevoir de l`argent sans contrepartie apparaît inconcevable aux yeux d`une grande majorité des Suisses, qui portent aux nues la valeur travail. En 2012 déjà, inquiets de voir leur compétitivité baisser au niveau international, les électeurs suisses avaient refusé de porter leurs congés payés de 4 à 6 semaines.
"Pleins de bons sentiments mais sans réflexion économique"
L`initiative était soutenue par le seul parti des Verts, le gouvernement et les autres partis politiques dénonçant un projet utopique et trop coûteux.
"Les Suisses ont jugé dimanche de façon réaliste", a commenté sur la chaîne RTS le politologue Andreas Ladner, de l`université de Lausanne. "Etre payé sans travailler, ça aurait été un grand pas. L`initiative n`était pas très claire, elle était surtout destinée à alimenter une discussion", a-t-il ajouté.
Malgré l`échec sans appel, les organisateurs de la consultation se sont dit néanmoins satisfaits du résultat et célébraient leur "demi-victoire". "On est très contents", a déclaré dimanche à l`agence suisse ATS l`un des pères de l`initiative, Ralph Kundig, rappelant qu`ils étaient partis "de très loin". Sergio Rossi, professeur d`économie et membre du comité de soutien au RBI, préfère lui aussi voir le verre à moitié plein.
"Une personne sur cinq a voté pour le revenu inconditionnel de base, il s`agit déjà d`un succès", a-t-il commenté à l`ATS. Pour lui, l`important est que les citoyens commencent à réfléchir à cette idée, "qu`il faudra tôt ou tard mettre en oeuvre". Il attend notamment de connaître la proportion des jeunes ayant voté en faveur du RBI.
"C`est un vieux rêve, un peu marxiste. Pleins de bons sentiments irréfutables mais sans réflexion économique", avait déclaré à l`AFP le directeur du Centre international d`études monétaires et bancaires à Genève, Charles Wyplosz, avant le scrutin. Selon lui, si le lien entre la rémunération et le travail est coupé, "les gens en feront moins".
Conformément à leur système de démocratie directe, les Suisses sont appelés à se prononcer trois à quatre fois par an sur une multitude de questions, proposées par le gouvernement ou par des citoyens à travers les initiatives populaires. Il faut 100.000 signatures pour qu`une initiative soit proposée au niveau national.
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