La Cour était également saisie des cas d`un Roumain de 4 ans, ou de petits Tchéchènes de 7 mois et 15 mois, retenus respectivement pendant 7 jours et 9 jours en CRA. La justice française aurait dû "rechercher si une mesure moins coercitive que la rétention de la famille aurait pu être prise", a jugé la CEDH dans plusieurs dossiers. Les juges européens ont ordonné aux autorités de verser aux familles requérantes des sommes allant de 1 500 à 9 000 euros, au titre du dédommagement moral. La Cimade, ONG qui assiste les étrangers dans la moitié des 24 CRA de France, s`est félicitée de ces décisions. "Depuis toujours, nous condamnons le principe même de l`enfermement. La rétention administrative, c`est un univers carcéral, avec des barbelés, des verrous, une surveillance policière", a expliqué Jean-Claude Mas, secrétaire général de l`organisation. "C`est traumatisant pour toutes les personnes enfermées, au seul motif de papiers pas en règle, mais ça l`est encore plus pour des enfants. C`est de la maltraitance, même pour un jour ou deux", a ajouté M. Mas.
Selon la Cimade, le placement des mineurs en CRA en France, qui avait baissé ces dernières années, est reparti à la hausse en 2015, avec 105 enfants enfermés cette année-là en métropole, contre 45 en 2014. "Mais il faut y ajouter les chiffres de Mayotte, où 4 378 enfants ont été enfermés l`an dernier pour être expulsés vers les Comores", a précisé M. Mas. Une récente loi sur le droit des étrangers, votée en mars, a encadré les modalités d`enfermement des mineurs en centres de rétention. Cependant, pour la Cimade, "au prétexte d`encadrer, ce texte n`a fait que légaliser une pratique qui ne devrait pas exister".
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