Merkel veut des accords migratoires avec les pays nord-africains
"De tels accords sont aussi dans l`intérêt des gens qui fuient", plaide Mme Merkel, sans plus de précisions sur les pays concernés, alors que la Libye, plongée dans l`instabilité depuis 2011, est devenue un haut lieu pour les passeurs de migrants visant les côtes européennes.
L`accord avec la Turquie prévoit que le pays reprenne les migrants rejoignant illégalement la Grèce. En contrepartie, l`UE doit verser trois milliards d`euros pour aider Ankara à améliorer l`accueil des réfugiés, avec la possibilité d`une aide ultérieure du même montant. L`UE s`est aussi engagée, pour chaque Syrien renvoyé, à en "réinstaller" un autre depuis la Turquie.
Défendant une nouvelle fois cet accord dont elle a été l`un des principaux artisans, Mme Merkel a appelé à "travailler" pour qu`il reste en vigueur, malgré les tensions turco-européennes et le blocage sur l`exemption de visas pour les citoyens turcs.
La Turquie a menacé de ne plus appliquer cet accord crucial limitant l`afflux de migrants en Europe faute de libéralisation du régime de visa pour les Turcs.
Mme Merkel a aussi déploré la lenteur des Européens à se répartir les 45.000 migrants coincés à la frontière gréco-macédonienne, dont seuls 3.000 ont été accueillis par d`autres Etats membres.
Interrogée sur sa décision historique, dans la nuit du 4 au 5 septembre 2015, de laisser entrer en Allemagne des dizaines de milliers de migrants bloqués en Hongrie, elle a estimé qu`un tel choix "s`imposait" et "était juste".
"C`était notre devoir humanitaire de les aider et de les prendre en charge", a-t-elle affirmé, martelant son credo sur l`intégration des 1,1 million de personnes arrivées l`an dernier en Allemagne: "je reste convaincue que nous y arriverons".
Après les agressions sexuelles du Nouvel an à Cologne (ouest) et les attentats de juillet dans le sud du pays commis par des migrants, "la question de la sécurité intérieure est naturellement devenue une préoccupation centrale", a-t-elle reconnu.
Mais elle a jugé que le gouvernement "avait déjà beaucoup fait" et qu`il "ferait plus" en améliorant les moyens de surveillance par internet, la coopération avec les services de renseignement étrangers et la vidéosurveillance.






