Violentes échauffourées au Zimbabwe

  27 Août 2016    Lu: 896
Violentes échauffourées au Zimbabwe
De violentes échauffourées ont éclaté vendredi dans le centre-ville de la capitale zimbabwéenne Harare entre la police et des manifestants de l`opposition qui réclamaient une réforme électorale, un rassemblement qui symbolise le ras-le-bol grandissant envers le régime du président Mugabe.
Selon un journaliste de l`AFP, la police a lancé vendredi matin des grenades lacrymogène et utilisé des canons à eau contre les manifestants qui commençaient à peine à se rassembler. Ces derniers ont répliqué par des jets de pierres et en mettant le feu à des pneus. Certains ont déboulonné le panneau d`une rue portant le nom du président Mugabe. Les policiers ont poursuivi certains manifestants pour les frapper à coups de matraque, et menacé les journalistes qui couvraient l`événement. Selon des défenseurs des droits, 67 personnes ont été interpellées, dont un journaliste.

La situation est restée très tendue dans la journée, la police dispersant tout rassemblement dans le centre-ville d`Harare. La manifestation, qui a pourtant été autorisée par la justice vendredi matin, était organisée par 18 partis d`opposition, avec certaines figures comme Morgan Tsvangirai du mouvement pour le changement démocratique (MDC) ou Joice Mujuru, ex-vice présidente désormais à la tête du Peuple du Zimbabwe d`abord (ZPF).

Ils réclamaient une réforme électorale en vue des élections générales de 2018. Robert Mugabe, 92 ans, y est candidat à sa propre succession. "La colère et le désespoir du peuple sont très profonds", a lancé Morgan Tsvangirai. "Ce régime, qui est à son crépuscule, devrait être sur ses gardes. Plus vous essayez de réprimer les citoyens, plus ils reprennent du poil de la bête", a-t-il poursuivi. "Ces manifestations vont continuer jusqu`au jour où nous voterons. Nous allons faire la même chose vendredi prochain", a prévenu Didymus Mutasa, un ancien proche de Mugabe devenu cadre du ZPF.

Vendredi, des affrontements ont aussi eu lieu entre des commerçants supporters du parti au pouvoir, la ZANU-PF, qui refusaient de fermer leurs échoppes de rue, et les manifestants.

Les sympathisants de la ZANU-PF ont jeté des pierres aux opposants qui avaient incendié leurs étals.

Le président Mugabe a condamné les manifestations, et accusé des puissances étrangères d`être derrière les violences. "Ils brûlent des pneus pour essayer de prendre le pouvoir. Ils pensent que ce qui s`est passé pour le Printemps arabe va se produire dans ce pays", a déclaré le président à la télévision nationale, ajoutant : "ça n`arrivera pas ici".

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