«Y a-t-il des limites à la russophobie dans les médias occidentaux», s’est interrogé pour sa part le député Alexeï Pouchkov, président de la commission pour les affaires étrangères à la Douma d’Etat (chambre basse du Parlement russe). «Alors que le monde entier compatit avec la Russie, Charlie Hebdo proclame le droit odieux au blasphème», a-t-il écrit sur Twitter.
Le sénateur Konstantin Kossatchev, à la tête de la commission des Affaires étrangères au Sénat, s’est également insurgé de ce «mépris inacceptable pour les valeurs morales».
Si la Russie a participé à la marche historique organisée à Paris contre le «terrorisme» après l’attaque de Charlie Hebdo en janvier, elle s’est vite désolidarisée des caricatures de l’hebdomadaire.
« Manipulation habituelle d’un pays totalitaire »
«C’est une manipulation du Kremlin, qui utilise Charlie Hebdo», a rétorqué le rédacteur en chef du journal satirique, Gérard Biard. «Il veulent attirer l’attention sur deux malheureux dessins et créer une polémique qui n’a pas lieu d’être. Cela ressemble à la manipulation habituelle d’un pouvoir totalitaire», a-t-il commenté à l’AFP.
«Que même les Russes s’y mettent» contre Charlie Hebdo, «ce n’est pas nouveau : c’était déjà le cas avec la polémique sur le dessin sur Aylan. Et aussi quand un opposant russe a été abattu devant le Kremlin (Boris Nemstov, assassiné en février NDLR) , ils avaient dit qu’il avait été tué parce qu’il avait soutenu Charlie Hebdo».
«Ce journal est censé être irrespectueux, donc allons-y, utilisons Charlie Hebdo!», a-t-il ironisé. «Or nous respectons plus de valeurs que le pouvoir russe, comme la démocratie, la laïcité, la liberté d’expression», a-t-il dit.
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