Selon lui, Damas a "pris le prétexte du moindre accroc au cessez-le-feu négocié (le 9 septembre) entre les Etats-Unis et la Russie pour bombarder sauvagement Alep", deuxième ville du pays. "Le régime veut clairement faire tomber cette cité martyre. Et évacuer une partie de la population hostile au régime pour la remplacer par une autre, qui lui serait fidèle", affirme le chef de la diplomatie française.
Jean-Marc Ayrault concède que les groupes de opposition modérée, susceptibles de venir à la table des négociations, sont dans une "proximité dangereuse" avec certains groupes jihadistes comme Fatah el-Cham (ex-Front al-Nosra), un sujet de contentieux dont se prévalent les Russes.
"Seuls les radicaux donnent l`impression d`être en mesure de se battre efficacement contre le régime", relève-t-il, en notant que le régime de Damas "renforce (par sa violence) l`extrémisme".
Au final, Bachar el-Assad "joue sur cette ambiguïté", selon lui. "Le but est de taper sur les modérés, car ce sont eux qui peuvent se retrouver autour de la table de négociations. C`est ce que Damas souhaite éviter", souligne le ministre français.
La partie rebelle d`Alep est sous un déluge de feu quasi-continu depuis l`échec de la dernière trêve négociée par Russes et Américains.
Totalement assiégés, les 250.000 habitants des quartiers est ne reçoivent plus d`aide de l`extérieur depuis pratiquement deux mois et sont privés depuis samedi d`eau en raison des bombardements, selon l`Unicef.
Les Occidentaux mettent directement en cause la Russie pour son soutien militaire au régime, notamment aérien, Washington l`accusant de "barbarie" et Paris dénonçant des "crimes de guerre" dont elle pourrait être "complice". "Ceux qui peuvent arrêter (ce qui se passe à Alep) mais ne le font pas porteront la responsabilité d`avoir fermé les yeux sur de tels crimes ou d`en être complices", a martelé Jean-Marc Ayrault.
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