La commission d’enquête sur les Panama Papers cible Neelie Kroes

  28 Septembre 2016    Lu: 717
La commission d’enquête sur les Panama Papers cible Neelie Kroes
Lors de sa première réunion, la commission a décidé de convoquer l’ancienne commissaire Neelie Kroes, impliquée dans les Bahamas Leaks. L’actuel commissaire à l’Energie, Miguel Arias Cañete, pourrait cependant ne pas être inquiété.
L’ancienne commissaire à la concurrence, Neelie Kroes, pourrait bien figurer parmi les premiers invités de la commission d’enquête parlementaire sur le blanchiment de capitaux, l’évasion fiscale et la fraude fiscale.

Cette commission a été lancée en juillet dernier dans la foulée des révélations des Panama Papers, ces montages financiers complexes qui ont permis à des nombreuses personnalités de dissimuler leur patrimoine dans le paradis fiscal du Panama.

Du Panama aux Bahamas

« Le Parlement a un mandat très clair, nous devons évoquer la situation du blanchiment d’argent. Ce mandat ne porte donc pas uniquement sur les Panama Papers mais également sur les dernières révélations sur les Bahamas » a affirmé le président Werner Langer, lors d’une conférence de presse à l’issue de première réunion, le 27 septembre.

« Les Bahamas Leaks ont braqué les projecteurs sur un membre de l’ancienne Commission européenne, Neelie Kroes.[…] De ce fait nous devrons certainement entendre Mme Kroes dans les mois qui viennent, j’en suis tout à fait convaincu » a-t-il affirmé.

L’ancienne commissaire à la concurrence puis vice-présidente sous la Commission Barroso a vu son nom apparaitre dans les dernières révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur les Bahamas. Selon ces documents, la Néerlandaise a été directrice de Mint Holdings Ltd., une entreprise offshore établie aux Bahamas, entre 2000 et 2009.

Elle avait pourtant affirmé au Parlement européen lors de son audition comme commissaire qu’elle avait abandonné cette fonction en 2002 et quitter définitivement l’entreprise en 2004, au moment de sa prise de fonction à la Commission.

« Elle était déjà controversée à l’époque, elle n’avait obtenu que 24 voix pour contre 22 votes négatifs lors de son audition au Parlement européen […]. Elle avait dit qu’elle avait cédé tous ses mandats. Aujourd’hui nous savons que c’est faux et nous allons devoir en tirer les conséquences en ce qui concerne le contrôle en interne des commissaires européens » a détaillé l’eurodéputé allemand.

Si la convocation de l’ex-commissaire semble chose réglée, d’autres personnalités politiques européennes impliquées dans les Panama Papers pourraient également devoir venir s’expliquer devant la commission d’enquête.

En Europe, le nom de certains hommes politiques ou de leurs proches sont apparu sur la liste des clients du cabinet Mossack Fonseca, cheville ouvrière de l’évasion organisée vers le Panama.

Parmi les dirigeants épinglés, le ministre de l’Énergie de Malte, Konrad Mizzi, mais aussi le père de David Cameron, l’ancien premier ministre britannique, ou encore la femme du commissaire européen, Miguel Arias Cañete.

« Le ministre de l’Énergie de Malte pourrait faire partie des invités de la commission ainsi que d’autres ministres membres de l’UE » a reconnu le président de la commission, sans préciser davantage.

Mais la convocation de l’actuel commissaire espagnol ne semble pas aller de soi. « Concernant Miguel Arias Cañete, pour l’instant ce n’est pas prévu de l’inviter » a reconnu Jeppe Kofod, un des rapporteurs de la commission.

Pour l’heure, les seuls membres de l’exécutif européen que les parlementaires souhaitent entendre sont la commissaire Vera Jourova, en charge du blanchiment d’argent, ainsi que le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici.

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