M.Ortega avait déjà défendu l`idée d`un «gouvernement conjoint» avec son épouse comme un symbole d`égalité entre les sexes. «Nous ne doutons pas que (le candidat à la vice-présidence) devait être une femme, et comment trouver mieux qu`une partenaire qui a déjà fait l`épreuve du travail et s`est montrée très efficace et disciplinée?», avait-il déclaré en août devant ses partisans en annonçant sa candidature à la présidentielle.
Face à une myriade de petits partis qui, réunis, n`obtiendraient que 6% des suffrages, selon certaines projections, le président sortant est le seul candidat ayant des chances de l`emporter. Une étude de l`institut M&R, publiée à la mi-octobre, le crédite de 64,2% des voix. Dans cette enquête, 72% des 2.000 personnes interrogées estiment que l`appel à l`abstention lancé par l`opposition «n`a pas d`importance». Reste toutefois une inconnue pour 23,2% des sondés qui ne se prononcent pas sur leur vote.
Ortega musèle le PLI, parti d`opposition
Loin derrière M.Ortega, le parti libéral constitutionnaliste (PLC, droite) de Maximino Rodriguez. Toujours selon M&R, il ne recueillerait que 8,3% des intentions de vote. Quant au parti libéral indépendant (PLI, droite), deuxième force politique du pays lors de l`élection de 2011, il s`est retrouvé privé de son leader, Edduardo Montealegre, sur décision de la Cour suprême de justice (CSJ) le 8 juin 2016. La CSJ a nommé à sa place un illustre inconnu, proche du pouvoir, Pedro Reyes, qui a aussitôt dissous la coalition d`opposition CND obligeant cette dernière à retirer son candidat à l`élection du 6 novembre, Luis Callejas.
A 70 ans, dont près de dix ans déjà passés à la tête du pays, Daniel Ortega est resté très populaire auprès des Nicaraguayens qui lui sont reconnaissant d`avoir fait passer le taux de pauvreté du pays de 42,5% en 2009 à 30% en 2014.
Mais cette fois, Ortega n`aura certainement pas les voix des habitants du Rivas, partie méridionale du pays où les paysans sont menacés d`expropriation, sans aucun recours possible, pour permettre les travaux du projet de canal interrocéanique censé concurrencer le canal de Panama. Un projet qui inquiète les défenseurs de l`environnement et des droits de l`Homme et qu`un rapport de la FIDH préconise d`annuler. Lequel n`a pas été commenté par les autorités nicaraguayennes.
50.000 soldats et policiers déployés
Ortega avait dirigé le Nicaragua pour la première fois de 1985 à 1990 avant de revenir aux affaires, en 2006, en tant que chef du Front sandiniste de libération nationale. Réélu en 2011, il n`a jamais abandonné son discours anti-impérialiste, tout en se rapprochant au fil des années des milieux d`affaires. Une stratégie qui a conduit au maintien de la croissance économique du pays durant ces cinq dernières années, à 5% par an en moyenne.
Outre l`élection du président et du vice-président, les Nicaraguayens sont également appelés, le 6 novembre, à désigner les 90 députés de l`Assemblée nationale nicaraguayenne et 20 autres au parlement d`Amérique centrale pour un mandat de cinq ans. Ce scrutin, boycotté par l`opposition, suscite des inquiétudes au Nicaragua jusqu`à Washington qui regrette aussi l`absence d`observateurs internationaux.
Plus de 50.000 soldats et policiers doivent être déployés pour sécuriser les 4.308 bureaux de vote, transporter le matériel électoral (urnes et bulletins) dans tout le pays.
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