85 morts et violences ciblées envers les Peuls en Centrafrique

  29 Novembre 2016    Lu: 559
85 morts et violences ciblées envers les Peuls en Centrafrique
Les derniers affrontements entre groupes armés ex-Séléka en Centrafrique ont fait 85 morts, selon le conseiller spécial des Nations unies pour la prévention du génocide, qui dénonce des "violences ciblées" à l`encontre des Peuls.
"Depuis le 21 novembre, quelque 85 civils ont été tués, 76 blessés et près de 11.000 personnes ont été déplacées de leur ville de Bria", à 400 km au nord-est de Bangui, a écrit Adama Dieng, dans un communiqué datant du 25 novembre transmis lundi à l`AFP.

Le bilan définitif reste à établir et des estimations vont du simple au double, a indiqué à l`AFP la présidence centrafricaine.

Ces affrontements ont opposé deux factions armées de l`ex-Séléka qui prétend défendre la minorité musulmane, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam et l`Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d`Ali Darass, réputé proche des bergers peuls nomades.

"Le FPRC aurait ciblé les Peuls à Bria, par des recherches maisons par maison, tuant, pillant et enlevant des habitants. Le FPRC a aussi occupé des bâtiments abritant des hôpitaux, empêchant des Peuls blessés de recevoir des traitements médicaux", a poursuivi M. Dieng, mentionnant l`intervention des Casques bleus et la visite sur place du chef de la Mission des Nations unies (Minusca), Parfait Onanga, le 24 novembre.

"Etant donné l`histoire récente du pays, ce type de violence ciblée est extrêmement dangereuse et doit être arrêtée", a ajouté le conseiller spécial.

La Centrafrique (4,5 millions d`habitants) peinent à se relever d`une guerre civile déclenchée par le renversement en mars 2013 de l`ex-président François Bozizé par les rebelles Séléka demandant plus de justice sociale pour les 20% de musulmans.

Leur prise de pouvoir a entraîné une contre-offensive des milices anti-Balaka majoritairement chrétiennes. Bilan: des milliers de morts, quelque 800.000 déplacés internes ou réfugiés au Tchad, au Cameroun et en RDC, un Etat, une administration, des forces armées et une économie en ruine.

L`intervention militaire française Sangaris, qui a pris fin en octobre, puis la Mission des Nations unies (Minusca, 12.500 hommes) ont permis la fin des tueries massives et l`élection en début d`année dans le calme d`un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra.

Des groupes armés et des poches de violences subsistent cependant dans ce grand pays (623.000 km/2).

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