Dylann Roof n`émet ni excuses ni regrets

  05 Janvier 2017    Lu: 864
Dylann Roof n`émet ni excuses ni regrets
Déclaré coupable mi-décembre de la pire tuerie raciste de l`histoire américaine récente, Dylann Roof n`a présenté mercredi à la reprise de son procès ni excuses, ni regrets.
Encourant la peine de mort, le jeune homme de 22 ans comparaît pour une seconde phase d`audiences, destinées à déterminer sa peine, devant la même cour fédérale et le même jury d`un tribunal de Charleston. "Il n`y a rien qui cloche chez moi sur le plan psychologique", a-t-il lancé d`une petite voix, dans une déclaration préliminaire marquant un désaveu clair de ses avocats.

Coupable sans circonstance atténuante

Ceux-ci auraient au contraire aimé dépeindre leur client comme "prisonnier de ses délires". C`est à Charleston, en Caroline du Sud, que Dylann Roof a ouvert le feu 77 fois dans une église méthodiste, le 17 juin 2015, criblant de balles neuf paroissiens noirs qui venaient de l`accueillir à bras ouverts à une séance d`étude de la Bible. Il y a trois semaines, 12 jurés méticuleusement sélectionnés n`ont eu besoin que de deux heures de délibération pour s`accorder sur la culpabilité écrasante de ce partisan revendiqué du nazisme et du Ku Klux Klan. Ils n`ont trouvé aucune circonstance atténuante au solitaire aux yeux clairs et à la chevelure blonde, répondant par l`affirmative aux 33 charges fédérales dont il était accusé.

La question qu`il leur reste à trancher est la plus cruciale et, de fait, la seule qui génère un véritable suspense. Le verdict, attendu dans quelques jours, sera soit la peine de mort, soit la réclusion à perpétuité réelle.

Témoins rappelés à la barre

Le meurtrier changera-t-il d`ici-là de stratégie? L`imprévisible tueur, non menotté et vêtu mercredi d`une chemise sombre, a choisi d`assurer lui-même sa défense, en dépit des conseils contraires de ses avocats et du juge présidant les débats. Sa tête ayant beau être en jeu, tentera-t-il d`utiliser le tribunal comme une tribune pour son idéologie xénophobe? Ou livrera-t-il enfin un soupçon de compassion pour ses victimes?

De son côté, le procureur Nathan Williams a commencé à appeler à la barre plus de trente témoins, survivants du carnage, proches des personnes abattues ou experts, qui ont déjà pour certains livré des éléments accablants à l`encontre de Dylann Roof. Jennifer Pinckney, mère de famille et veuve du révérend Clementa Pinckney, a décrit comment son mari, tué par Dylann Roof, se consacrait à son église historique de l`Emanuel. "Malgré cela, il gardait toujours du temps pour sa famille et ses (deux) filles", a-t-elle relaté.

"Comment cette affaire pourrait-elle être plus effroyable?"

M. Williams a repris l`angle d`attaque qu`il avait utilisé lors de la première phase du procès: opposer l`innocence des Noirs tombés sous les balles de Roof à l`hostilité fanatique du jeune convaincu de la suprématie de la race blanche. "Comment cette affaire pourrait-elle être plus effroyable?", a-t-il questionné, en insistant sur les facteurs aggravants des crimes: la préméditation, le nombre de tués et le motif raciste.

"Il les a tués à cause de la couleur de leur peau, parce qu`il pensait qu`ils étaient inférieurs aux humains", a rappelé le procureur. Nathan Williams a projeté dans le prétoire des photos des victimes et de leurs familles endeuillées. Il a aussi lu un texte rédigé par le tueur en prison. "Je veux que cela soit bien clair: je ne regrette pas ce que j`ai fait", a écrit Dylann Roof.

Roof tenu loin des jurés

"Je n`ai pas versé une larme pour les innocents que j`ai tués", a-t-il ajouté. La peine de mort sera requise au nom du gouvernement fédéral, en se fondant sur une loi punissant les crimes motivés par le racisme. Le magistrat Richard Gergel présidant le procès a strictement encadré, de façon préventive, la prise de parole de Dylan Roof, dont la haine froide et calculatrice a renvoyé la communauté noire de Charleston aux pires abominations de la ségrégation raciale.

"L`accusé ne pourra s`approcher du jury, de la barre des témoins ou des magistrats", a décidé le juge Gergel. L`accusé glorifiant l`apartheid a de toute façon exclu de faire citer des témoins en sa faveur. Il suffirait toutefois qu`un seul membre du jury, composé de dix femmes et deux hommes, s`y oppose et il échapperait à la peine de mort.

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