«J'ai caché 14 Arméniens dans ma propre maison» - Afaq Bachirgizi

  28 Février 2017    Lu: 2604
«J'ai caché 14 Arméniens dans ma propre maison» - Afaq Bachirgizi
Dans la nuit du 27 au 28 février 1988, à Soumgaït, les Arméniens qui ne versent pas de l'argent à l'organisation"Krunk" (établie par les séparatistes arméniens) ont été tués.

C’est Grigoryan Eduard Robertovich surnommé "Pacha" qui avait dirigé les troubles. Une liste détaillée des Arméniens vivant à Soumgaït et n’aidant pas l'organisation et leurs adresses de domicile ont été envoyés à Grigoryan.

L’artiste du peuple Mme Afaq Bachirgizi tentant de calmer les gens qui se sont rassemblés sur la place à la suite des événements de la provocation arménienne a été impliquée dans l'enquête comme étant la cause des émeutes et a été confrontée à la menace d'être tué.

Femida.az vous présente l’interview avec l'artiste du peuple azerbaïdjanaise Mme Afaq Bachirgizi, témoin des événements de Soumgaït.

- Mme Afaq, qu'est-il arrivé ce jour-là à Soumgaït ?

Le premier Vice-Président du Parti du Comité de Soumgaït m’a appelé pour dire qu’il y a une confusion dans la ville, les gens sont agressifs et il m’a demandé une aide pour les calmer. Quand je suis allée à Soumgaït, des émeutes ont déjà éclaté, il y avait beaucoup de gens dans la place.

-Comment avez-vous compris que les événements ont été organisés par les Arméniens ?

-Le fait que les activistes de la manifestation dans la place avec des manteaux noirs et écharpe écossaise a attiré mon attention. Soumgaït était la ville de travailleur. Une personne sur cinq a porté l’uniforme de travailleur. L'un des organisateurs de l'événement était avec ces vêtements. Ils avaient une liste des Arméniens à être tué, mais pas tous, seulement ceux qui n’aident pas l'organisation "Krunk". Au début, il était impossible de le comprendre.

-On voulais vous tuer.

-On m'a montré comme l'instigateur des événements de Soumgaït. Pour approfondir cet événement, l’académique Aganbekyan voulait beaucoup mon arrestation et ma mort. Pour cette raison, Aganbekyan avait régulièrement envoyé un télégramme aux organisations arméniennes. Même ils ont pris mes affiches au club. Ils ont fait de leur mieux pour me donner la peine de mort.

-Combien de mois le procès a duré ?

- 9 mois et 14 jours. 6 premiers mois de l'affaire pénale ont été menés par le bureau spécial de Moscou, et ensuite par l’Agence spécial d’intelligence de Russie.

- Comment avez-vous survécu à cet incident ?

-Ils n’avaient aucune preuve pour m’arrêter et me tuer. On avait besoin de vidéos reflétant mon appel pour tuer les Arméniens. Au contraire, j’avais caché les Arméniens événements dans ma propre maison.

J'ai caché 14 Arméniens dans ma propre maison

-Dans une telle période tendue, vous avez caché des Arméniens chez vous?


J'avais caché 14 Arméniens et leurs invités dans mon appartement composé d'une seule pièce à Soumgaït. C'étaient Edik, Choura, sa fille, son mari et mes autres voisins - les époux, ses fils, sa femme et leurs petits enfants. Après deux jours, à 01: 30, j'ai envoyé ces Arméniens au village de Tug de la région azerbaïdjanaise de Fuzouli.

-Avez-vous eu la chance de les rencontrer de nouveau?

Non, je n'ai plus aucune nouvelle d'eux. İls étaient dans le village de Tug. La dernière fois que j'ai parlé à Edik, il a dit que la liste des non-membres de “Krunk” était dans les mains des gens qui portent un manteau noir.

On m'a proposé de l'argent afin de déterminer le lieu des Arméniens.

-Connaissiez-vous ces personnes?

Il n'a pas été possible de les connaître, mais ils m'ont reconnu avec grande difficulté. Quelqu'un m'a exposé. Lorsque les Arméniens étaient dans mon appartement, quelqu'un a frappé à la porte. Deux personnes portant un manteau noir et une écharpe écossaise et 2-3 enfants étaient devant la porte. En ouvrant la porte, ils ne m'ont reconnu pas, mais les enfants reconnaissait et ils ont demandé: “C'est la maison de Mme Afag, avez vous caché les Arméniens dans votre maison?” Les deux personnes s'est regardés et ils étaient stupéfaits. İls m'ont salué. Je pensais qu'ils étaient azerbaïdjanais. Parce qu'ils parlaient couramment l'azéri. Puis j'ai compris qu'ils ne sont pas azerbaïdjanais.

-Comment pourriez-vous sortir de cette situation?

J'étais complètement paniqué. J'avais caché les Arméniens dans la salle de bain et dans la cuisine. L'un d'eux m'a dit: “Nous avons entendu que vous cachez les Arméniens chez vous. J'étais en colère et j'ai dit: “Honte à vous, vous me proposez de l'argent, ça veut dire quoi?” İls ont dit qu'ils récompensent les gens qu'informent sur le lieu des Arméniens. Je leur ai dit que vous vous trompez, il y a une chambre dans ma maison. Comment puis-je les cacher?

-Avez vous vu les cadavres arméniens pendant ces événements?

Non, je n'ai pas vu. Quand je suis partie vers la place j'ai vu que la situation est de nouveau tendue. Les gens criaient: “İl y a un bus pleine de cadavres azerbaïdjanais. Ces cadavres ont été décapités par les Arméniens. Le sang coule de la porte de l'autobus”. Ils tentaient soulever le peuple azerbaïdjanais contre les Arméniens. Donc, j'ai dit que si c`est un rassamblement, amener les corps sur la place pour prouver ces atrocités. Comme je l'ai dit, les cris se sont arrêtés sur la place. Malgré que les perturbateurs étaient les autres, mais ceux qui succombent à la provocation étaient les azerbaïdjanais.

Oguz Altay
Femida.az



Tags: #Arménie   #Soumgaït   #Azerbaïdjan  


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