La France n'est pas responsable du Vel d'Hiv, selon Marine Le Pen

  10 Avril 2017    Lu: 2881
La France n'est pas responsable du Vel d'Hiv, selon Marine Le Pen
La France n'est pas responsable de la rafle du Vélodrome d'Hiver, souvent appelée rafle du "Vél'd'Hiv", au cours de laquelle 13.152 juifs ont été arrêtés puis déportés en 1942, a estimé dimanche la candidate du Front national à la présidentielle française, Marine Le Pen, suscitant une vague d'indignation.

Invitée de l'émission "Le Grand Jury" (RTL-Le Figaro-LCI), diffusée dans la matinée, la candidate du Front national a jugé que "s'il y a des responsables, c'est ceux qui étaient au pouvoir à l'époque. Ce n'est pas la France".

Émoi
Selon Marine Le Pen, "la France a été malmenée dans les esprits depuis des années" car "en réalité, on a appris à nos enfants qu'ils avaient toutes les raisons de la critiquer, de n'en voir peut-être que les aspects historiques les plus sombres".

Ses propos, largement relayés par la presse française, ont suscité l'émoi de nombreux internautes et de plusieurs personnalités politiques, parmi lesquelles Christian Estrosi (républicain) et Emmanuel Macron (En marche!), qui y voient un écho des déclarations polémiques tenues dans le passé par le père de la candidate du Front national Jean-Marie Le Pen.

Des propos "révisionnistes"
L'union des étudiants juifs de France a également dénoncé des propos "révisionnistes", s'inscrivant "dans la lignée révisionniste du Front national".

Les 16 et 17 juillet 1942, 13.152 juifs étrangers réfugiés en France avaient été arrêtés à Paris et en banlieue par la police française, avant d'être déportés vers des camps d'extermination, notamment Auschwitz.

Chirac
Parmi eux, 8.160 personnes, dont 4.115 enfants, avaient été enfermés durant quatre jours au Vélodrome d'Hiver, un stade voué aux courses cyclistes dans l'ouest de Paris, tandis que les 4.992 autres, couples sans enfants et célibataires, étaient entassés dans le camp de Drancy.

Sur les 13.152 victimes de cette rafle -- la plus grande arrestation massive de juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale -- seule une centaine de personnes ont survécu, dont aucun enfant. La responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs, longtemps passée sous silence en France, a été reconnue en 1995 par le président Jacques Chirac.

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