Theresa May, « championne du Brexit », écrase le Labour et le UKIP aux élections locales

  06 Mai 2017    Lu: 1429
Theresa May, « championne du Brexit », écrase le Labour et le UKIP aux élections locales
A cinq semaines d’élections législatives anticipées décisives, c’est la promesse d’un raz-de-marée conservateur pour la première ministre Theresa May et un terrible coup de semonce pour les travaillistes.
Alors que les scrutins intermédiaires servent généralement à sanctionner le pouvoir en place, les tories, installés à Downing Street, ont conquis plus de 500 sièges aux élections locales – dans les municipalités et les comtés –, jeudi 4 mai, tandis que l’opposition travailliste en a perdu plus de 400. La stratégie politique de Mme May, qui a transformé cette consultation en un vote de confiance sur sa position de fermeté sur le Brexit, a payé au-delà de toute attente.

Non seulement les conservateurs ont marqué des points sur le Labour dans leurs fiefs populaires, mais ils ont siphonné de façon spectaculaire les voix du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP ; extrême droite). Ce dernier, qui avait obtenu presque quatre millions de voix aux législatives de 2015, semble avoir été « tué » par le triomphe de sa revendication quasi unique : la sortie de l’Union européenne (UE).

Une habileté d’inspiration populiste

Fait majeur pour la suite, Mme May, qui n’avait pas fait campagne pour la sortie de l’UE, semble avoir transformé les tories en parti du Brexit. Le divorce avec le continent, enclenché à la fin mars, sert désormais de point de ralliement aux électeurs convaincus par la formule de communiquant qui sature sa campagne : elle seule possède le « leadership fort et stable » capable d’arracher aux Vingt-Sept « le meilleur accord » pour le Royaume-Uni.
Avec une habileté d’inspiration populiste, se posant en championne du Brexit, elle a retourné à son profit le compte rendu publié quelques jours plus tôt par la Frankfurter Allgemeine Zeitung de son calamiteux dîner avec les négociateurs de l’UE.

Recevant à Downing Street, le 26 avril, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, elle avait fait montre d’irréalisme et d’une méconnaissance des dossiers européens. En accusant Bruxelles d’avoir organisé cette fuite pour peser sur les élections britanniques, elle a manifesté un certain degré de paranoïa mais elle a surtout galvanisé les électeurs.

Le Monde

Tags: #Theresa-May   #Brexit  


Fil d'info