Bahreïn: La police tire sur des manifestants, 5 morts

  24 Mai 2017    Lu: 1527
Bahreïn: La police tire sur des manifestants, 5 morts
La police a ouvert le feu mardi à Bahreïn pour disperser des manifestants, faisant cinq morts et ravivant les tensions entre la dynastie sunnite et la population à majorité chiite dans ce pays du Golfe allié des Etats-Unis.

Cette opération de sécurité, qui a fait également des dizaines de blessés, a permis selon les autorités de démanteler un sit-in observé depuis des mois dans un village chiite.

Elle est survenue après une rencontre à Ryad dimanche entre le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa, et le président américain Donald Trump.

Siège de la Ve flotte américaine, le petit royaume de Bahreïn est secoué par des manifestations ou accrochages sporadiques depuis la répression en 2011 d'un mouvement de contestation animé par la majorité chiite, qui réclame une véritable monarchie constitutionnelle.

Le sit-in organisé dans le village de Diraz, près de la capitale Manama, était observé par les partisans du chef spirituel des chiites, cheikh Issa Qassem, un critique du régime qui a été condamné à un an de prison avec sursis pour collecte illégale de fonds et blanchiment d'argent.

Le ministère bahreïni de l'Intérieur a expliqué que le lieu du sit-in était "devenu un refuge pour des personnes recherchées pour des questions de sécurité et fuyant la justice".

Durant l'opération, "cinq décès ont été enregistrés dans les rangs des hors-la-loi" et huit personnes ont été blessées, a indiqué le ministère de l'Intérieur. Dix-neuf membres des forces de l'ordre ont été blessés, a-t-il ajouté.

Le Bahrain Institute for Rights and Democracy (Bird), une ONG en Grande-Bretagne, avait fait état de la mort d'"un manifestant pacifique dans la répression" du sit-in. Selon des témoins, des dizaines d'autres ont été blessés.

- Lacrymogènes et chevrotine -

Des photos diffusées sur Twitter par des groupes d'opposition montrent des manifestations organisées, selon eux, dans des villages chiites voisins en représailles à la répression à Diraz.

A Washington, un responsable du département d'Etat a fait part, auprès de l'AFP, de la "préoccupation" des Etats-Unis et il a "appelé toutes les parties à la retenue".

D'après Amnesty International, un manifestant décédé, Mohamed Zeineddine, 39 ans, a été atteint à la tête par des tirs de chevrotine, les forces de sécurité ont blessé plusieurs centaines de personnes et en ont arrêté 280. L'association a appelé à une enquête indépendante sur l'usage "excessif de la force" contre des manifestants qu'elle a qualifiés de pacifiques.

La police a procédé à "l'arrestation de 286 personnes recherchées, des évadés de prison ou des condamnés pour terrorisme", a indiqué de son côté le ministère de l'Intérieur.

Les forces de sécurité ont fait usage de bombes lacrymogènes et tiré à la chevrotine contre les protestataires qui leur lançaient des pierres et des cocktails Molotov, selon des témoins.

Des partisans de cheikh Issa Qassem tenaient un sit-in permanent depuis que ce dernier a été déchu de la nationalité bahreïnie en juin 2016. Il avait été alors accusé par les autorités d'avoir "abusé de sa position pour servir des intérêts étrangers (...) et incité au sectarisme et à la violence".

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