Toshiba poursuit Western Digital accusé de freiner la vente de ses puces-mémoires

  28 Juin 2017    Lu: 696
Toshiba poursuit Western Digital accusé de freiner la vente de ses puces-mémoires
Le conglomérat industriel japonais Toshiba, aux abois, a annoncé mercredi une action en justice envers le groupe américain Western Digital, lui réclamant 120 milliards de yens (près d'un milliard d'euros) de dommages.
Toshiba accuse Western Digital de "mener de façon continue des actions de sabotage" pour miner l'opération de cession de sa filiale de puces-mémoires Toshiba Memory.

Western Digital, maison mère de SanDisk qui est depuis 17 ans le partenaire de Toshiba dans ce domaine, s'oppose à la vente des actifs du conglomérat japonais à un tiers sans avoir voix au chapitre.

Dans le communiqué diffusé, Toshiba estime que la confiance en lui-même et dans sa filiale Toshiba Memory est plombée par Western Digital "qui répand des contre-vérités".

Le groupe japonais s'insurge contre le fait que Western Digital affirme publiquement que son consentement était nécessaire pour que Toshiba transfère ses actifs relatifs aux puces-mémoires dans une nouvelle entité récemment créée, Toshiba Memory. Il réfute aussi les assertions de Western Digital selon lesquelles la vente de Toshiba Memory ne pouvait être engagée sans que SanDisk valide le choix du repreneur.

Toshiba ajoute que, en ayant pris le contrôle de SanDisk, et en ayant ainsi notamment repris des salariés de ce dernier, Western Digital se trouve de façon indue en possession d'informations confidentielles relatives à Toshiba et Toshiba Memory.

Le japonais précise qu'il n'avait pas pris de dispositions pour bloquer l'accès à ces données, supposant initialement qu'un contrat en bonne et due forme sur ce point allait être conclu avec Western Digital. Comme ce dernier a refusé, l'accès est désormais bloqué à compter de ce jour, a précisé Toshiba.

Le dépôt d'une plainte du conglomérat a été annoncé quelques minutes après la fin de l'assemblée générale des actionnaires de Toshiba, au cours de laquelle le patron, Satoshi Tsunakawa, s'est agacé de voir "Western Digital interférer de façon injuste dans la vente de Toshiba Memory".

Western Digital a publié plusieurs communiqués dénonçant vertement les pratiques de Toshiba avec lequel SanDisk a investi des milliards d'euros dans des usines de puces-mémoires ultra-modernes depuis 2000.

Le groupe américain a aussi déposé deux recours en justice, l'un auprès de la cour d'arbitrage de la Chambre internationale de commerce et l'autre auprès d'un tribunal américain qui doit rendre sa décision le 15 juillet.

Toshiba, qui a choisi de vendre Toshiba Memory à un consortium nippo-américain épaulé par le concurrent sud-coréen SK Hynix, n'est de facto pas certain de mener à bien cette opération avant le 31 mars 2018. Cette date correspond à la fin de la "période de grâce" accordée par le Bourse de Tokyo avant une radiation de la cote de l'action pour cause d'insolvabilité.

Toshiba est forcé de vendre son activité lucrative de puces-mémoires pour appareils électroniques, afin de renflouer sa trésorerie asséchée par les déboires de sa filiale nucléaire américaine Westinghouse mise en faillite.

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