Espagne: la campagne électorale s`achève en plein suspense

  19 Décembre 2015    Lu: 721
Espagne: la campagne électorale s`achève en plein suspense
La campagne pour les élections législatives de dimanche en Espagne s`est achevée en plein suspense, le chef du gouvernement conservateur sortant, Mariano Rajoy, tentant de freiner une lame de fond politique qui pourrait coûter cher à son parti et faire de Podemos le nouveau leader de la gauche.
A Barcelone, Murcia, Valence, Madrid: jusqu`à la dernière seconde vendredi soir les chefs des partis en lice -- Rajoy pour le PP, Pedro Sanchez pour le PSOE (socialiste), et ceux des deux nouveaux, Podemos (gauche radicale) et Ciudadanos (centre-droit) -- ont harangé les foules.

Il leur fallait encourager des électeurs encore très indécis, à 36 heures du scrutin.
«Il y a quatre ans, on connaissait depuis un an le résultat et là, à deux jours du scrutin, un électeur sur quatre n`a rien décidé», constatait en début de journée le vice-président de l`institut de sondages Metroscopia Jose Pablo Ferrandiz.

En 2011, Mariano Rajoy, alors âgé de 56 ans et déjà deux fois candidat, avait infligé à son adversaire Alfredo Perez Rubalcaba la pire défaite électorale du Parti socialiste après trois ans d`une crise qui laissait cinq millions de chômeurs dans son sillage.

Mais en 2015, rien n`est gagné. Le PP, qui avec 45% des suffrages s`était assuré une confortable majorité de 186 sièges sur 350 au Parlement, pourrait ne pas dépasser les 30% et être contraint de gouverner en minorité.

La crise au quotidien

Les socialistes (110 sièges) pourraient encore plonger, d`après les sondages. Comme le PP, ils payent cher leur politique d`austérité entre 2009 et 2011 et la corruption.

«Nous ne pouvons pas accepter cette Espagne noire que certains veulent dépeindre, c`est un mensonge», s`est défendu vendredi soir à Valence (est) Mariano Rajoy.

«Jouer aux expériences, à la nouveauté, aux talk-shows (...), un pays comme celui-ci, vieux, jeune, ancien, moderne, fort, avec de la personnalité (...) ne peut se le permettre», a encore dit à Madrid M. Rajoy, dont la campagne est axée sur la reprise économique (+3,3% de croissance du PIB en 2015, selon le gouvernement), à Madrid, peu avant minuit.

Mariano Rajoy, 60 ans, a parcouru 12.000 km, tenté de perdre son image distante, visité 19 provinces, et encaissé sans perdre son calme mercredi un coup de poing au visage de la part d`un jeune de 17 ans. L`homme qui aussi fait campagne sur son «sérieux», cherche les voix des gens de sa génération: les 10,9 millions d`électeurs âgés de plus de soixante ans sur 34,5.

Il restait, vendredi soir, talonné à droite par le parti de centre-droit Ciudadanos, lancé au niveau national en 2014. La formation d`Albert Rivera, 36 ans, est la préféré des jeunes cadres pour sa promesse de réformes en profondeur de l`Education et d`un contrat de travail unique, gommant les différences entre contrats définitifs et précaires.

«Il ne reste plus que 48 heures pour entamer une nouvelle étape politique en Espagne !», s`est enthousiasmé Albert Rivera, devant plus d`un millier de partisans rassemblés sur une place dans le coeur historique de Madrid, entre les terrasses par une nuit très tiède pour la fin décembre.

Selon les derniers sondages, c`est cependant l`autre parti émergent, Podemos, qui pourrait avoir le plus à gagner à l`issue d`un vote où il pourrait être deuxième en nombre de voix et prendre la place du PSOE comme grand parti de la gauche.

Donné en perte de vitesse jusqu`à l`automne, le chef de Podemos Pablo Iglesias, 37 ans, a modéré son ton, tout en promettant des mesures pour les très nombreux Espagnols qui vivent encore la crise au quotidien -- un actif sur cinq est au chômage.

Après l`élection, le «21, il faudra qu`il y ait des sourires de complicité, au travail, dans la queue pour le chômage dans les bars où l`on déjeune (....) parmi tous ces gens petits, humbles, qui peuvent donner une leçon aux puissants!», a hurlé Pablo Iglesias vendredi soir depuis des milliers de personnes en liesse à Valence.

«Il n`est pas exclu que Podemos l`emporte en nombre de voix» sur le PSOE, a estimé M. Ferrandiz. «Le PSOE est debout et prêt à gouverner», a rétorqué Pedro Sanchez, le leader du Parti socialiste.

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